Développez le psychopathe qui sommeille en vous

Ecrit a partir de l'intervention de Jordan Peterson

La malveillance est le pire des fléaux.

En effet si vous prenez quelqu’un souffrant de stress post traumatique, vous remarquerez que dans la grande majorité des cas, cette personne a été confrontée à des événements de nature malveillante, qui la la brisent, car c’est la chose la plus difficile à comprendre.

La souffrance est une chose. La souffrance et la vulnérabilité sont déjà des épreuves difficiles à endurer. Mais si vous rencontrez une personne malveillante faisant des efforts conscients au fil du temps pour vous les infliger, alors nous sommes dans une toute autre catégorie d’horreur. Surtout si cela révèle également quelque chose sur vous-même. Car si un autre être humain est capable de faire ça, vous en êtes également potentiellement capable.

Étrangement, dans une certaine mesure, c’est aussi une des étapes pour guérir et s’assurer de ne plus être confronté au stress post traumatique. Car si vous êtes naïf, et vous avez été victimisé, une manière de s’en sortir est d’analyser la situation afin de ne plus être naïf et ne plus se faire victimiser.

C’est le même principe par exemple dans l’histoire d’Harry Potter qui peut résister à Voldemort parce qu’il en a une part en lui, il a déjà été en contact avec. Donc la manière de tenir les psychopathes à distance, c’est de développer votre psychopathe intérieur. De cette manière vous les reconnaîtrez quand vous en rencontrerez.
Mais ce doit être un processus volontaire. Vous aurez ainsi différents outils à votre disposition dont l’un d’eux consiste en une profonde compréhension de ce qui constitue le mal.

Nietzche a dit : « si vous regardez dans un abysse trop longtemps, vous prenez le risque que l’abysse vous dévisage en retour ». Cela signifie que si vous regardez trop longtemps quelque chose de monstrueux, alors vous aurez tendance à vous comporter de façon identique. Et les gens n’aiment pas regarder les choses monstrueuses, justement pour cette raison.

D’où la question maintenant : devriez-vous devenir un monstre ?
Et bien oui vous devriez.
Mais vous devriez le faire de manière volontaire, et non pas accidentelle. Et vous devriez le faire avec le bien à l’esprit. Contrairement à en devenir une proie malgré vous et vous faire posséder, car c’est bien ça l’alternative.

Mais comment devenez-vous une proie malgré vous du mal ?
C’est très simple :
– Votre souffrance vous rend amer.
– Votre amertume produit du ressentiment.
– Votre ressentiment vous donne des envies de vengeance.
Et puis une fois sur ce chemin, si vous continuez encore un peu… vous finissez par avoir envies d’armes à feux et commettre une tuerie, avant de vous suicider. Car c’est en quelque sorte la fin ultime de ce cheminement de pensée pathologique. La vie doit être éradiquée, en raison de sa malveillance intrinsèque. Je suis précisément la bonne personne pour cela. Et cerise sur le gâteau je prouverai l’absence de valeur de ma propre existence, pour bien enfoncer le clou. Et puis si je peux en plus recevoir un peu de célébrité posthume, cela satisfera mes besoins primaires de positionnement dans la hiérarchie sociale. Au moins dans mon imagination…
Bien sûr les gens n’aiment pas réfléchir à ce genre de chose, et ce n’est pas étonnant. Mais sans la capacité à puiser vous-même dans ce type de ressources (être capable de faire du mal), vous risquez de devenir une victime potentielle du mal. Vous devez savoir manier votre épée. Elle doit être rangée, mais vous savez l’utiliser si besoin.

Cela nous enseigne que si vous êtes dans une situation où vous devez traiter quelqu’un pour un état de stress post traumatique, il y deux choses que vous devez faire :

1 – Vous devez l’aider à comprendre que le mal existe et en articuler une philosophie précise.

Sinon, leur cerveau ne cesse de tourner en boucle : Pourquoi ai-je été aussi naïf ? Comment ai-je pu être victimisé ainsi ? Pourquoi moi ? Ce sont de bonnes questions car vous ne voulez pas que cela vous arrive à nouveau.
Vos yeux doivent donc s’ouvrir. Il y a un prix à payer pour ça, comme dans le mythe égyptien : lorsque vous rencontrez Seth, même si vous êtes un dieu, vous perdez un œil. Ce n’est pas anodin du tout. Puis la solution est de descendre jusqu’aux enfers avant de pouvoir renaître. Ce n’est qu’après ce périple que vous pourrez endurer la malveillance. Peut-être deviendrez-vous capable de surmonter la tragédie et la malveillance. Et c’est bien ça le secret, car dans la vie, ce sont les deux forces qui travailleront toujours contre vous. C’est l’idée développée par Jung lorsqu’il parle « d’intégrer sa part d’ombre ».

Ces choses sont bien connues. Nous savons très bien comment procèdent les prédateurs, même quand ils s’attaquent aux enfants. Si vous êtes un prédateur pédophile et que vous êtes devant un parterre d’enfants, vous choisirez celui qui est timide et qui ne se battra pas. Les personnes malveillantes se comportent comme çà de manière générale, car elles sont prédatrices. Elles ne s’attaqueront pas à quelqu’un qui est en position de se défendre. Le problème ne se posera même pas. Elles vont s’attaquer à quelqu’un qui est incapable de conceptualiser qui il est. Dans ce cas, c’est parfait, open bar pour les prédateurs.

Donc si on revient au traitement d’un patient souffrant de stress post traumatique, on a vu qu’il faut commencer par une introduction au concept de la malveillance puis

2 – Il doit apprendre à devenir dangereux.

Car c’est la seule possibilité pour s’en sortir. Quelle est l’alternative ? Ils doivent faire face à ces pensées récurrentes sur leur vulnérabilité face à la malveillance, et leur propre naïveté. Car par définition si quelqu’un de nature psychopathique vous a exploité, c’est que vous êtes trop naïf. C’est la définition même.
Et vous pouvez vous répéter : « ce n’est pas de ma faute, comment aurais-je pu être préparé à çà ? »
Effectivement, c’est une objection tout à fait raisonnable, mais cela ne résout en rien votre problème, et il sera récurrent.

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