Comment élever un enfant TDAH m’a appris la résilience

Ironiquement, c’est seulement quelques heures après le mort de Steve Jobs, que mon mac a décidé de rendre l’âme lui aussi. Comme c’était également la veille de Yom Kippour, j’ai pris ça pour le signe de ralentir. Je me suis dit que je resterai calme, et que je tirerai le meilleur parti d’une mauvaise situation.

Je vous avouerai que je me sentais plutôt distraite les 2 jours suivants. Je ne pouvais cesser de penser à mon ordinateur. Cela faisait déjà des heures que mon informaticien (c’est-à-dire mon mari) tentait de recouvrer les données.

N’en pouvant plus de son silence, j’ai pris quelques inspirations profondes, me rappelant que j’étais capable de tout affronter et suis allée prendre des nouvelles. La réponse fut à la fois claire et confuse – défaillance du disque dur, incompatibilité système, d’autres idées,assistance technique, patati patata.

Mon cerveau tentait de traiter ces informations, mais je ne pouvais cesser de penser « mon ordinateur a réellement un souci, je ne suis pas en train de rêver ». Puis la logistique a pris le relais – date butoir, argent, détails. Enfin, je suis passée de mon ordinateur mal en point à moi-même… Vais-je seulement pouvoir travailler lundi, et les photos des vacances en Espagne, etc.

C’est à ce moment que ça m’a frappé, cette conversation à propos de l’ordinateur me rappelait le jour où mon ainé a été diagnostiqué TDAH.

Nous étions assis, face au psychologue, qui nous expliquait plein de choses très importantes à propos de notre enfant chéri. Je ne pouvais penser qu’à une seule chose « il se passe vraiment quelque chose avec mon enfant », puis mon cerveau tournait en boucle : logistique, déni, etc. Je n’ai aucun souvenir de ce qu’a dit le médecin ce jour-là. Ca m’a pris des mois pour intégrer le fait que mon enfant était TDAH – et des années pour comprendre ce que ça signifiait réellement.

Mais pourquoi je vous dis tout ca ?

Ce week-end-là, j’ai réalisé qu’élever des enfants TDAH m’avait appris à attendre à l’inattendu, et gérer les situations de crises plutôt calmement. En d’autres termes, ça m’a appris la résilience.

Des évènements inattendu – comme le diagnostic d’un enfant, ou l’ordinateur qui vous lâche – changent la donne. En tant que parents, vous êtes assaillis de pensées lorsque vous apprenez que votre enfant est TDAH. C’est normal, et il faut les adresser. L’une d’entre elles cependant « et moi dans tout ça ? ». On a parfois du mal à admettre que l’on pense aussi à soi dans ces moments, mais ce sont des considérations importantes et normales.

En fait, porter l’attention sur soi aussi nous aide à devenir plus résilient. Lorsque l’on adresse aussi notre « part d’ombre », ça permet de créer de la place pour adresser ce qui se passe dans la famille.

Alors que ressentez-vous vraiment ? Quelle relation entretenez-vous avec le TDAH de votre enfant ? Cette relation a de l’importance et doit être adressée.

J’en ai fait du chemin depuis mes premiers jours inquiets. J’ai beaucoup appris sur moi-même, et changé ma manière de réagir face aux évènements inattendus. Et, ironiquement, je dois tout ça au TDAH. Alors voici les leçons que j’ai tirées en élevant des enfants TDAH :

1. Et moi ? N’est pas nécessairement une question égoïste.

2. Rien ne sert d’être alarmiste. Ce type d’anxiété ne fait que me drainer de mon énergie (des respirations profondes au contraire apaisent).

3. Je ne peux pas tout contrôler. Essayer de contrôler ce qui ne peux pas l’être est source de stress.

4. J’ai des ressources, et suis capable de trouver des solutions si je m’en donne les moyens.

5. Quoi qu’il advienne, je saurais me débrouiller. Lorsque je me plains moins, tout le monde est plus heureux y compris moi.

6. Je m’attends à tous, et m’abstiens de jugements quand quelque chose arrive. J’ai des plans B, et je ne tiens personne responsable lorsque je dois y recourir.

7. Je ne perds jamais mon sens de l’humour (la vie ne doit pas être dure, je préfère le rire aux larmes).

Pendant ce temps mon informaticien travaille toujours d’arrache-pied dans la pièce d’à côté.

Le lien direct que je viens de découvrir entre élever des enfants TDAH et la capacité à faire face sereinement aux aléas de la vie me fait sourire. Ma vie de famille TDAH m’a offert le don du calme et de la sérénité, allez comprendre.

Partagez​

Leave a Comment

Your email address will not be published.